C'est à Damas que la renommée de Lawrence atteignit son apogée, mais c'est à cette époque qu'il décida de quitter l'Arabie pour tenter de retrouver l'anonymat salvateur, sous un faux nom dans les rangs de la Royal Air Force. La RAF le congédia dans un premier temps parce que la renomée du colonel Lawrence était embarrassante pour ses officiers En faisant appel à des amis hauts placés il put réintégrer l'Air Force sous un nom d'emprunt. Pourquoi? C'est dans son livre que l'on trouvera la réponse. Le livre est tantôt déroutant, tantôt cruellement révelateur-ces deux impressions contradictoires oscillant à leur tour entre le délibéré et l'involontaire. Même les admirateurs de Lawrence l'acceuillirent avec réserve, préferant détourner pudiquement leur regard. Quant aux moralisateurs éventuels, ils étaient avertis sans ambages dès la préface:
"Dans mon histoire une partie du mal est sans doute inhérente aux circonstances......Nous étions une armée égocentrique, sans parade ni apparat, nous étions dévoués à la liberté......Avec le temps, le besoin de nous battre pour cet idéal s'est transformé en soif de pouvoir, écrasant au passage ce qui nous restait de scrupules. Bon gré mal gré, tel s'est dessiné notre destin. Nous en sommes devenus esclaves.....Par notre propre faute nous nous sommes vidés de toute moralité" La controverse fit rage concernant cruauté et le sadisme même, de la campagne de Lawrence. Voici ce que lui-même exprima sur le sujet:
"Ce qui parait maintenant comme de la cruauté et du sadisme, semblait inévitable et même routinier sur le terrain. Nous avions toujours un combat à mener:nous devions avancer......l'orsqu'il y avait des raisons de punir, nous écrivions notre leçon de par nos armes." Est-ce une confession ou une excuse? Impossible d'en être certtain. Peut-être ne le savait-il pas lui-même. Une chose est sûre, Lawrence fit couler beaucoup de sang, une fois même sans que cla ne sois nécessaire et de façon absolument dramatique. Mais il n'était pas un sanguinaire. Il révisa sa stratégie de 1914 consistant à débusquer l'ennemi et à l'attaquer. Son objectif était de paralyser, non de détruire. La perte de deux hommes le touchait, la mort de vingt (des siens comme de l'ennemi) l'accablait. Au début de la campagne une charge arabe prés d'un col de montagne élimina une colone turque:


